Des « petites cuillères » à Séoul ?

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Les 10 lieux incontournables, les 30 cafés à ne pas louper, 15 activités pour un séjour inoubliable… Pendant mon PVT en Corée du Sud, j’ai constaté que dès qu’on se mettait à faire des recherches, l’injonction à tout voir était affolante ! 

On comprend les créateurs de contenus qui doivent toujours surenchérir, mais est-ce vraiment la manière d’aiguiller les gens ? On peut vite se sentir dépassé et on a l’impression qu’on n’aura jamais ni le temps ni l’énergie de tout voir…

…mais de toute façon, est-ce la bonne façon de voyager ?

Pourquoi se fatigue-t-on tant en vacances ?

Voyager en Corée du Sud et au Japon était un de mes grands rêves que j’ai pu réaliser de mai 2024 à mai 2025. Et comme toujours quand on actualise un idéal, je n’ai pas pu échapper à la pression qui venait avec : celle de rentabiliser mon temps

Car après tout, c’était une chance exceptionnelle ! D’autant plus pour une fille d’ouvriers ayant dû autofinancer l’intégralité de ce voyage, sans filet de secours. Moi qui avait été si chamboulée par l’internat au lycée (pendant les semaines qui suivaient la rentrée je pleurais tout le temps de ne pas me sentir chez moi), j’allais vivre à l’autre bout du monde, toute seule !

J’ai passé le premier mois à Séoul comme dans un rêve, terrifiée à l’idée que l’immigration me dise que mon visa n’était plus valide, que j’allais devoir rentrer plus tôt que prévu. Ce bonheur inouï, j’avais peur qu’on me le prenne et j’ai continué de profiter de cette année en me rappelant que ça n’allait pas durer.

La torpeur du quotidien s’installant, un cycle d’insomnies s’est installé. Tournant et retournant dans mon lit, je me faisais violence pour tout découvrir, tout faire…

Puis je me suis souvenue de ce qui m’avait aidée à aller mieux à l’internat : parcourir des ruelles en fin d’après-midi, déambuler sans destination précise. C’était du temps pour moi, pour démêler mes pensées. Mes amies s’étaient habituées au fait que parfois, je disparaissais. J’en avais besoin.

J’ai pour habitude de tenir un journal intime. Le 23 décembre 2024, j’écris :

« Nouveau carnet ! Acheté au Goodwill de Mangwon. Je me suis fait la réflexion qu’en retournant dans ces mêmes endroits une fois par semaine, je serais très heureuse. Je suis… »

En appliquant ces principes, piliers du slow travel (voyager doux), trouvant mon rythme avec indulgence, je me suis accordée des moments simples et paisibles, ceux d’une vie de quartier dans le secteur de Mangwon qui pendant un an est devenu ma nouvelle maison.

Voici donc ce que j’ai retenu de cette année de PVT.

Le goût du voyage devrait être plus accessible

On ne va pas se mentir : que ce soit dû aux fonds disponibles ou à l’horizon des possibilités… ce n’est pas pour rien que le voyage est une activité réservée aux classes sociales supérieures.

Car voyager, au même titre que cuisiner ou bien parler, ça s’apprend. Et non, cette activité ne devrait pas être réservée à ceux qui sont tombés dedans quand ils étaient petits.

D’où la référence aux « petites cuillères », clin d’œil à la théorie de Christine Miserandino qui illustre les réservoirs d’énergie des personnes atteintes de handicaps invisibles avec des une quantité limitée de cuillères. C’est logique : quand on a une ressource limitée, on doit sans cesse faire des choix pour bien doser sa journée.  

Puisque je sais ce que c’est d’avoir de grands rêves mais un tout petit réservoir mental, je vous concocte des itinéraires slow travel aux petits oignons pour favoriser la contemplation.

Car je suis persuadée qu’avec un peu de courage et une bonne dose d’anticipation, on peut toutes et tous sortir de sa coquille et goûter à la vie dont on rêve ! 

Ce que vous trouverez sur SEOUL BY DAY

Quand je faisais mes recherches, ce qui me manquait le plus au lieu d’une ribambelle de recommandations, c’était des itinéraires réalistes qui prendraient en compte :

  • la distance entre les lieux pour la gestion du temps
  • le budget quand on ne veut pas multiplier trajets en bus
  • l’intensité des sources de stimulation (stimuli sensoriels dont nourriture)

Moi qui adore (vraiment) manger et faire du shopping, quand c’est trop c’est juste épuisant. Car il ne faut pas oublier le plus important : notre limite d’énergie ! À quoi sert de courir partout si on s’épuise trop pour en profiter ? 

Alors j’en viens à ma promesse sur SEOUL BY DAY : vous partager mes meilleurs trajets hors du sentier battu pour vous inspirer à découvrir paisiblement de nouveaux horizons.

En toute transparence et sans surcharge d’information, à mi-chemin entre le guide et carnet de voyage intime, je partagerai aussi mes réflexions sur les différences culturelles.

Alors si cela vous intéresse, ne loupez pas les prochains articles. En attendant, prenez soin de vous.

p.sarah (slow)

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